Amédée Maingard, petit documentaire entre amis

Amédée Maingard, petit documentaire entre amis

Publié le 25 janvier 2018

On en sort bouche bée, presque incrédule. De souffle épique, il n’en est pas question ici. Le traitement de la vie extraordinaire du mauricien Amédée Maingard n’est pas celui du Gaetan Duval d‘Alain Gordon-Gentil, biopic d’une autre figure majeure de l’histoire contemporaine mauricienne (sorti en salles en 2015). Dans Amédée Maingard, Une histoire mauricienne il y a 'Amédée', dit 'Dédé', bâtisseur de renom d’origine bretonne et fondateur d’Air Mauritius et Beachomber, deux fleurons majeurs de l’économie mauricienne. Dans Amédée Maingard, Une histoire mauricienne, il y a 'une histoire mauricienne', de l’emblématique François Mahé de La bourdonnais à l’indépendance mauricienne en passant par la bataille de Grand Port ou l’abolition de l’esclavage, tout y passe, sans trop comprendre le lien avec la lignée Maingard (arrivée de St Malo alors que Maurice s’appelait encore Isle de France). Les 75 minutes du documentaire s’achèvent sur un embarras: Qui est donc Amédée Maingard?

Mis à part ce passé héroïque lors de la seconde guerre mondiale, le reste de la vie d'Amédée Maingard est un mystère. Et pourtant, avec tel personnage, héros de la nouvelle île Maurice, il y avait tant à dire et à montrer. La succession des intervenants (famille, historiens, collègues ou grands patrons), souvent convenus et quasi exclusivement franco-mauriciens, plongent le spectateur dans l’embarras. Le multiculturalisme mauricien tant évoqué par la voix off et si cher à Amédée Maingard passe à la trappe. La démarche est douteuse, au mieux maladroite.

A défaut d’admiration face à la vie remarquable d’Amédée Maingard, c’est bien la consternation qui l’emporte. Dans la forme, pourtant, rien à redire. Belles images aériennes, magnifiques photos d’époques. Le documentaire prend son temps et c’est appréciable. Dans le fond, malheureusement, c’est une autre histoire, qui manque cruellement de panache... et d'intérêt. Le documentaire réalisé par l’expérimenté Michel Vuillermet, un français habitué des documentaires historiques pour la télévision et visiblement très lié à l’île Maurice (il a notamment réalisé en 2000 le documentaire Zafair Kaya sur la mort suspicieuse de la légende mauricienne) est un pénible chemin de croix, parsemé de bûches historiques peu digestes.

Dommage, le talent de Thierry Château, co-producteur du long-métrage, et grand adepte des belles anecdotes sur le site histoiresmauriciennes.com aurait pu apporter ce souffle de passion qui aurait si bien sied au parcours d’Amédée Maingard.

Ce documentaire complaisant aurait dû rester à sa place, dans le cadre professionnel des salons du goupe Rogers, mais certainement pas dans les salles de cinéma.

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