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Spoek Mathambo: "C’est une époque passionnante!"
Publié le 26 avril 2019
Les médias européens le surnomment "l’Africain du futur". Il se considère comme un "Africain du présent". Spoek Mathambo, icône de Johannesbourg, sera la tête d’affiche du festival LA ISLA 2068. Le producteur de musique électronique sud-africain le plus créatif de ces 10 dernières années risque de secouer le festival. Rencontre avec un talent exceptionnel bien décidé à conquérir les cœurs mauriciens !
- Qui est Spoek Mathambo?
"Spoek Mathambo est un gars hyper heureux parce qu’il vient mettre le feu au festival La Isla 2068! En plus d’une performance live avec Batuk, je ferai aussi un DJ set en solo. Je suis un artiste-musicien sud-africain multidisciplinaire excité par cette Afrique qui se redéfinie. Je suis un grand fan de cinéma, de musique, de culture et d’art. Cette passion presque fanatique m’a servi à m’exprimer dans mes propres créations dans les mêmes domaines. J’aurai 34 ans cette année. Je compte 15 ans d’expériences et j’ai eu la chance de me produire dans beaucoup de pays sur six continents. Par amour pour la musique!"
- Ton style musical en une phrase.
"Bouge ton corps et oublie tes problèmes. Le soleil brillera à nouveau."
- Tu as joué dans de grands festivals à travers le monde. Quel est ton meilleur souvenir?
"Il y a tellement de bons souvenirs! Parfois, les plus grandes scènes ou les plus grands festivals n’ont pas forcément les meilleures vibes. J’ai adoré jouer pour le festival AfroPunk à Johannesbourg ; c’était fun. Au Brésil, j’ai aimé jouer à Recife lors d’une fête de rue, avec 20 000 personnes qui n’avaient jamais entendu parler de moi, mais quel kiffe ! J’ai aussi adoré me produire en Angleterre pour Africa Express, un show collaboratif avec Tony Allen, The Clash, Gorillaz et 70 autres musiciens. Par contre, j’ai aussi joué lors d’un autre Africa Express devant une foule immense à Alicante, en Espagne… mais c’était un cauchemar!"
- LA ISLA 2068 en une phrase.
“Magical people, magical music and magical vibes in Mauritius.”
- Les magazines internationaux (Les Inrocks, Tsugi) te surnomment "L’Africain du futur". Comment vois-tu l’avenir ?
"Je trouve cette phrase un peu condescendante. Je suis un Africain du présent. Je pense que nous vivons aujourd’hui des moments cruciaux et que nous devons nous bouger pour faire en sorte qu’il y ait plus d’égalité, d’amour et de paix au présent. Le futur se définira par nos priorités et nos perspectives du présent."
- Ta série de documentaires, ‘Future Sound of Mzansi’, traite de l’évolution de l’industrie musicale électronique sud-africaine. Qu’est-ce que l’avenir réserve aux artistes de musique électronique sud-africains selon toi?
"Je ne suis pas médium, je ne sais pas ce que nous réserve l’avenir, mais je suis heureux de voir tant d’artistes redéfinir par eux-mêmes les sons et les vibes de l’Afrique du Sud. Je pense que le développement le plus crucial depuis la sortie du documentaire est que de nombreux artistes aient pu grandir et avoir un succès en dehors du circuit traditionnel. Le documentaire a été tourné en 2012 et 2013, et la scène musicale a énormément évolué depuis. Beaucoup de tendances et de styles se sont succédés. Nous avons aussi perdu des personnalités très importantes, comme DJ Spoko ("RIP to the king of Snares"), tandis que de nombreux artistes se sont révélés. C’est une époque passionnante."
- Un conseil à ceux qui souhaiteraient se lancer dans la production de musique électronique ?
"Trouve ta voix et ne sois pas un mouton. Sois original et prend du plaisir!"
- Plus globalement, l’Afrique du Sud est en plein "boom créatif": émergence de nouveaux artistes, de musiques novatrices, de festivals, conférences, expositions… Comment le pays en est-il arrivé là selon toi?
"L'Afrique du Sud a toujours été un foyer de créativité depuis les années 1930. Vous pouvez trouver de la musique et de l'art incroyables dans un large éventail de styles, locaux et internationaux. Nous avons un énorme avantage: il s’agit d’une société très diversifiée, aux influences multiples et variées. C’est pourquoi nous nous sommes toujours réunis pour créer des perspectives nouvelles et uniques. Nous sommes des Africains avec une forte influence panafricaine, asiatique et européenne ... et cela donne de la matière à nos travaux et inspire la révolution. Le colonialisme et l'apartheid ont dépouillé de nombreuses personnes de leur héritage culturel, mais cela leur a également donné une véritable mentalité révolutionnaire, qui se traduit par l'art."
- L’île Maurice?
"Je ne connais pas vraiment l’île Maurice. J’en ai toujours entendu parler comme d’un « paradis tropical ». J’ai hâte de découvrir la nourriture, la culture, la musique, l’histoire et même la nature ! Cela a toujours été un lointain rêve, donc je suis hyper excité de venir et de partager les sons Sud-Africains, tout en m’enrichissant de l’île Maurice."